Radio France
Pour la deuxième journée consécutive, les antennes du groupe public sont perturbées.

Si vous écoutez l'une des antennes de Radio France, vous vous en êtes sans doute rendu compte. Depuis maintenant deux jours, les programmes de France Inter, France Info, France Culture et consorts sont perturbés, une boucle musicale les remplaçant bien souvent. La cause, le mouvement de grève des salariés du service public radiophonique entamé hier pour combattre un projet de suppression de près de 300 postes.

Selon un décompte du Syndicat national des journalistes cité par l'AFP, ce sont "près de deux journalistes sur trois" qui ont cessé le travail" lundi. De son côté, la direction de Radio France a dénombré sur l'ensemble de la journée 671 grévistes, sur un effectif de 2.681 salariés, soit un taux de participation à la grève de 25%. Comme le rappelle l'Agence, les syndicats ont invité les salariés à cesser le travail pour des durées variables, alors qu'ils doivent rencontrer la direction plusieurs fois dans la semaine. La CGT a appelé à une grève reconductible à partir de lundi, tandis que la CFDT, SNJ et Sud ont déposé un préavis courant jusqu'à vendredi, et l'UNSA et FO ont appelé à une mobilisation de 24 heures.

299 suppressions de poste, 76 créations

Les syndicats de Radio France jugent que le plan de 299 départs volontaires (sur près de 4.800), présenté la semaine dernière par la présidente du groupe public, Sibyle Veil, "est dangereux, pour chacun des salariés et pour la pérennité de Radio France". Pour la direction, ce plan, qui s'accompagnera de 76 créations de postes, notamment dans le numérique, est nécessaire pour faire face à la baisse des crédits de l'audiovisuel public décidée par le gouvernement et adapter l'entreprise aux défis de demain, notamment numérique.

La direction de la Maison ronde estime à 60 millions d'euros le besoin de financement supplémentaire sur trois ans. L'entreprise radiophonique a connu une baisse de 20 millions d'euros des contributions de l'Etat, qui avait déjà été annoncée, mais également 20 millions d'euros d'augmentation mécanique des charges et 20 millions d'euros de financement de la transformation numérique.

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